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Les intoxications végétales

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LES intoxications végétales

        

L’un des principaux dangers qui guette les chevaux, au pâturage ou en promenade, est l’ingestion de plantes toxiques. Même si celles-ci sont devenues rares dans les pâtures, les prairies étant mieux exploitées, et les amendements tendant à les faire disparaître, il faut savoir apprécier le risque, sans dramatiser. Car n’oublions pas que le cheval possède une particularité catastrophique en cas d’intoxication : il ne peut pas vomir.

Les principaux végétaux toxiques

La liste des plantes toxiques est longue ! Cependant, pas de panique, si les chevaux sont nourris suffisamment, ils vont instinctivement les éviter.

Les arbres

L’if (Taxus baccata), très fréquent en Europe, peut provoquer la mort d’un cheval en quelques minutes. Les chevaux attelés aux corbillards en étaient souvent victimes autrefois ; laissés attachés à l’entrée du cimetière, ils trompaient l’ennui en grignotant. C’est l’ingestion des rameaux (frais ou secs) qui provoque l’intoxication. Une quantité de 250 g d’if suffit à tuer un cheval de 500 kg. Le cytise (Cytisus laburnum) est surtout présent dans le sud et l’est de l’Europe. Feuilles, fleurs et graines sont toxiques. Le chêne (Quercus rebour) n’est toxique que si le cheval ingère de façon massive des glands. Le robinier ou faux acacia (Robinia pseudoaccacia) est un arbre très commun, dont l’écorce est toxique. L’ingestion de 150 g d’écorce peut entraîner des coliques mortelles.

Les arbustes

Le troène (Ligustrum vulgare), le fusain (Evonymux europaeus), le buis (Buxus sempervirens), les lauriers (laurier-rose, laurier-cerise ou laurier-tin), le thuya (Thuja occidentalis) et certains rhododendrons ont des rameaux ou des feuilles toxiques. Ces arbustes entrent fréquemment dans la composition des haies. Les débris de taille, même séchés, restent toxiques.

Les plantes herbacées

Certaines plantes herbacées sont toxiques soit par ingestion de la plante fraîche, soit par contamination des foins, lorsque la dessiccation ne modifie pas leurs propriétés toxiques. Il s’agit essentiellement de la prêle (Equisetum arvense ou palustre), la fougère grand aigle (Pteridium aquilinum), la colchique (Colchicum automnale), le séneçon (Senecio jacobum ou vulgaris), la digitale pourpre (Digitalis purpurea), le millepertuis (Hypericum perforatum) et l’euphorbe (Euphorbia helioscopia ou resinfera).

Présente au bord des ruisseaux, l’onanthe safranée (Oenantha crocata) possède des tubercules particulièrement toxiques, mais, sauf en cas de curage de fossés, de labourage ou de drainage des pâtures marécageuses, le cheval y a rarement accès.

Les champignons

Les champignons macroscopiques (visibles à l’oeil nu), ne sont jamais à l’origine d’intoxication chez les chevaux. En revanche, les champignons microscopiques (par exemple l’ergot de seigle, champignon parasite des céréales) produisent des mycotoxines qui peuvent s’avérer être rapidement mortelles. Ces moisissures se rencontrent rarement sur les pâtures correctement entretenues.

Les symptômes des intoxications sont souvent frustres

Mis à part les cas de l’if et du laurier, dont les effets sont foudroyants, les autres plantes toxiques donnent des symptômes peu caractéristiques :

  • Troubles nerveux : convulsions, hyperexcitabilité, tremblements ou au contraire abattement, prostration, léthargie, paralysie, coma.
  • Troubles digestifs : salivation, diarrhée parfois hémorragique, colique…
  • Et/ou troubles généraux : fièvre, sudation, augmentation des fréquences cardiaques ou respiratoires. Les symptômes peuvent être différés de plusieurs jours, voire plusieurs semaines, par rapport à l’ingestion, ce qui rend le diagnostic difficile dans certains cas.

Que faire en cas de suspicions d'intoxication ?

  • Tout d’abord, essayez d’identifier l’origine des troubles, en procédant par élimination : à moins d’avoir vu le cheval consommer une plante toxique, l’intoxication reste souvent une suspicion.
  • Essayez ensuite d’estimer la quantité ingérée.
  • Appelez votre vétérinaire ou un centre anti-poison. Selon la situation, ils conseilleront une visite, en urgence ou non, ou vous rassureront sur l’importance du danger.
  • En attendant le vétérinaire, gardez le cheval au calme et faites-le marcher doucement s’il souffre de coliques. Si d’autres chevaux sont dans la même pâture ou ont été attachés au même endroit en promenade, donc soumis au même risque, il faut les considérer comme « suspects ».
  • Le traitement du cheval intoxiqué vise à l’élimination, la plus rapide possible, du toxique du tube digestif et consiste en :
  1. L’administration d’huile de paraffine (5 à 6 litres pour un cheval de 500 kg), par sondage naso-oesophagien. Cela permet de lutter contre les coliques et de diminuer l’absorption du toxique en accélérant le transit intestinal. On peut également utiliser du sulfate de magnésie (500 g). Ces traitements ne sont pas nécessaires si le cheval a déjà vidé ses intestins de façon importante.
  2. L’administration de charbon activé (environ 2 g par kilo de cheval) permet de neutraliser le toxique dans le tube digestif. Il est suivi de l’administration d’un laxatif pour assurer son élimination des intestins.
  3. La mise en place d’une perfusion (20 litres de liquide).
  • Si nécessaire, des traitements plus spécifiques sont administrés : antispasmodiques pour calmer les coliques, myorelaxants (ou anesthésie légère) pour calmer les convulsions, anti-arythmiques en cas de troubles cardiaques… En randonnée, un litre de café constitue un excellent tonicardiaque.
  • Rares sont les toxiques pour lesquels il existe un antidote. Cependant, en l’absence d’antidote spécifique, il existe des substances considérées comme des « antidotes universels » administrées par voie intraveineuse.

Comment prévenir les intoxications végétales ?

  • Au pâturage, il est nécessaire d’éliminer les plantes toxiques : détruire de façon systématique les refus, apporter des amendements alcalinisants à la terre et utiliser des herbicides sélectifs. Attention particulièrement par temps très sec : l’herbe devenant rare et les plantes étant moins riches en eau, les substances toxiques s’y trouvent concentrées. Distribuer un complément alimentaire (foin…) est nécessaire pour éviter que les chevaux ne mangent n’importe quoi. Cette précaution est également valable si les chevaux sont nombreux sur la pâture.
  • Ramasser les glands présents sur la pâture et tailler les haies d’ornement qui bordent les pâturages pour supprimer les branches à portée des chevaux. Ceux-ci seront bien sûr éloignés lors de cette opération afin qu’ils ne mangent pas les feuilles et les coupes tombées au sol.
  • Placer les fils de clôture et les barrières à bonne distance des talus et des haies.
  • Lors de vos arrêts en promenade, n’attacher votre cheval qu’à des arbres connus pour être inoffensifs.
  • Rester vigilant pour le foin car le risque d’y mêler des plantes toxiques n’est pas nul ; certaines plantes perdent leur toxicité en séchant, mais pas toutes. Le bouton d’or séché ne pose pas de problème ; en revanche, si beaucoup de prêle ou de fougère ont été ramassées avec le foin, mieux vaut ne pas le donner aux chevaux.

Pas de panique !

« C’est la dose qui fait le poison », dit le proverbe. Hormis les cas de l’if, très toxique à très faible dose, et du robinier, le risque lié aux plantes toxiques est modéré ; une fleur de digitale n’a jamais tué un cheval… Et à moins de laisser un cheval affamé dans un pré rasé, les chevaux évitent les plantes toxiques qui ont souvent mauvais goût et en mangent très peu.

Coordonnées des centres anti-poisons vétérinaires

CAPA Alfort : 01 48 93 13 00 (9h-17h les jours ouvrables).

CNITV Lyon : 04 78 87 10 40 (24 h/24, toute l’année).

CAPA Ouest : 02 40 68 77 40 (24 h/24, toute l’année).

CAPA Toulouse : 05 61 19 39 40 (9h-17h les jours ouvrables).