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La piroplasmose chez le cheval

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La piroplasmose chez le cheval

        

Les tiques sont responsables de la transmission de plusieurs maladies : la piroplasmose (ou babésiose), la maladie de Lyme (ou borréliose) et l’ehrlichiose équine (ou ehrlichiose granulocytaire des équidés ou anaplasmose équine). La piroplasmose est la plus fréquente et la plus grave.

La piroplasmose est due au développement et à la multiplication de parasites unicellulaires appartenant à deux genres différents de protozoaires, Theileria equi et Babesia caballi, dans les hématies (globules rouges) des chevaux.

Theileria equi, autrefois appelé Babesia equi, est le plus dangereux. Babesia caballi est le plus rare.

La transmission des parasites s’effectue par l’intermédiaire de trois genres de tiques dures : Dermacentor, Rhipicephalus et Hyalomma. Celles-ci s’infestent en ingérant le sang d’un cheval porteur de protozoaires, puis transmettent la maladie à un autre animal, par l’intermédiaire de leur salive, lors de leur repas sanguin suivant. Ces tiques sont dites « vectrices » car elles transportent les parasites sans développer elles-mêmes la maladie. Le risque de transmission du parasite est très faible en l’absence de tique vectrice, et la piroplasmose n’est pas contagieuse directement d’un cheval à l’autre.

La transmission par l’intermédiaire d’une transfusion de sang provenant d’un cheval infecté, d’une aiguille ou d’une seringue contaminée lors d’une précédente injection sur un cheval malade est possible, mais rare.

Tous les équidés sont concernés par la piroplasmose : chevaux, ânes, mulets et zèbres.

La piroplasmose se manifeste essentiellement au printemps et en automne (temps chaud et humide), aux périodes d’activité des tiques qui peuvent cependant varier selon les années en fonction de la météo et de l’entretien des prés.

La piroplasmose possède une répartition géographique assez spécifique :

  • En France, elle est présente essentiellement dans le sud du pays, mais aussi dans les vallées du Rhône et de la Saône, en Pays de Loire et en Normandie.
  • En Europe, ce sont également les pays situés le plus au sud qui sont atteints. La Grande-Bretagne, l’Irlande, les Pays-Bas, l’Allemagne et les pays scandinaves sont pratiquement indemnes
  • Dans le reste du monde : l'Afrique, l'Amérique du sud et le sud de l’Asie sont fortement contaminés. Les régions plus au nord, les États-Unis en particulier, sont à peu près épargnées. L'Australie est le seul continent encore indemne. 

La répartition géographique de la maladie est en relation directe avec celle des tiques vectrices.

La durée d’incubation (temps écoulé entre la contamination et l’apparition des symptômes) est de une à trois semaines.

Les symptômes de la maladie varient selon la situation :

  • Les chevaux nés et vivant dans une région infestée développent une certaine immunité vis-à-vis de la piroplasmose et présentent rarement la forme aiguë de la maladie. Si les « malades chroniques » présentent quelques symptômes discrets (légère anémie, fatigue, perte de poids et d’appétit ou diminution des performances), les « porteurs sains » supportent parfaitement la présence des parasites. Ces chevaux peuvent conserver le parasite dans leur sang ou dans les organes profonds (la rate en particulier) pendant très longtemps et sont infectants pour les tiques vectrices.
  • Les chevaux subitement transportés d’une région indemne à une région infestée sont très sensibles à l’infection et développent la maladie sous une forme aiguë. Les symptômes sont graves mais non spécifiques : fièvre (très marquée au début, pouvant dépasser 40°C), anémie due à la destruction des globules rouges, urines foncées dues à l’élimination des pigments biliaires (secondaire à l’hémolyse), jaunisse, oedèmes des membres, abattement et fatigabilité. La forme aiguë est parfois mortelle, surtout chez les chevaux âgés ou insuffisants cardiaques, si aucun traitement n’est mis en place. Les chevaux, lorsqu’ils guérissent, restent souvent porteurs chroniques du parasite (surtout avec T. equi) pendant plusieurs années et peuvent re-développer une nouvelle forme aiguë, à l’occasion d’une baisse de leurs défenses immunitaires (stress ou traitement ayant un effet immunodépresseur).

Certains chevaux développent une forme atypique, dont les symptômes sont variés : digestifs (entérite, colique, dysphagie), respiratoires (congestion et oedème du poumon), cardiaques, oculaires (kératite) ou nerveux (ataxie, raideur).

L’observation microscopique directe de Babesia caballi et Theileria equi sur des frottis sanguins colorés réalisés à partir du sang périphérique (nez, oreilles) est rarement possible : les parasites sont souvent invisibles, même en phase aiguë de la maladie. Un examen positif permet de confirmer la suspicion, mais un examen négatif ne permet pas d’exclure la maladie.

Le dosage des anticorps est possible, mais l’interprétation des résultats est délicate : un résultat positif signe un contact plus ou moins récent avec des parasites. Il est impossible de dire si le cheval est encore porteur du protozoaire ou s’il est guéri. En revanche, une cinétique d'anticorps (réalisation de plusieurs sérologies d'affilée à 15 jours d’intervalle) permet de préciser si l'infection est évolutive ou en régression.

La piroplasmose fait l’objet de contrôles pour éviter la diffusion des parasites d’une région contaminée à une région indemne. Certains pays ont adopté une réglementation sanitaire afin de limiter la contamination des équidés présents sur leur territoire par des animaux porteurs sains de la piroplasmose équine. Ces règlements, différents selon les pays, posent le problème de la libre circulation des chevaux, même pour une période de courte durée (courses, concours internationaux). De plus, le test sérologique de référence généralement utilisé (test de fixation du complément) peut être à l’origine de réactions faussement positives ou faussement négatives, ce qui limite la protection sanitaire.

Avant toute importation ou exportation de chevaux, il est préférable de se renseigner sur les modalités pratiques auprès d’un vétérinaire équin ou de la Direction Départementale de la Protection des Populations (DDPP, ex-DSV).

Le traitement de la forme aiguë est possible : il repose sur l’injection d’un piroplasmicide de type imidocarbe (2 à 4 injections selon le parasite en cause à 72 heures d’intervalle). Ce traitement s’accompagne d’un traitement symptomatique et surtout hygiénique afin de lutter contre les signes cliniques de la maladie. La convalescence (cheval laissé au repos strict) est longue.

Le principal inconvénient de l’imidocarbe est sa dose thérapeutique très proche de sa dose toxique. Les effets secondaires du traitement peuvent être importants : coliques, hypersalivation, sudation, diarrhées, dyspnée, oedèmes, troubles nerveux, nécrose des reins.

Le pronostic médical de la piroplasmose est généralement bon, si le traitement est mis en place rapidement. Il est plus réservé dans le cas d’une piroplasmose à T. equi, et dans le cas des chevaux immunodéprimés ou présentant une insuffisance cardiaque, rénale ou hépatique.

Les chevaux atteints de la forme chronique de la maladie et les chevaux porteurs sains sont rarement traités. Le traitement serait risqué pour seulement quelques parasites dans le sang. En revanche, leur taux élevé d’anticorps dans le sang leur interdit certains déplacements et l’entrée dans les pays indemnes.

Il est préférable de traiter préventivement les chevaux qui arrivent en zone infestée ou suspect. L’efficacité de cette chimioprévention dépend de la période d’activité des tiques et de l’évolution des conditions climatiques.

Deux injections d’imidocarbe à 72 heures d’intervalle procurent une prévention de trois à quatre semaines.

L'éradication totale de la maladie n'est pas souhaitable : en l’absence de vaccin contre la piroplasmose, la persistance d'un faible taux d'infection permet aux chevaux de conserver un état d'immunité qui fait office de vaccination. De plus, si un vaccin contre la piroplasmose existait, tous les chevaux vaccinés deviendraient séropositifs et ne pourraient plus être exportés dans les pays qui exercent un contrôle strict : il est impossible en effet de différencier les anticorps provenant de la vaccination et ceux résultant d’un contact avec la maladie !

Il est possible de lutter contre les tiques vectrices : débroussaillage et/ou destruction des arbustes qui constituent leur habitat, accès limité aux haies ou aux herbes hautes, rotation des pâturages. Peu de produits possèdent une autorisation de mise sur le marché pour l’élimination des tiques sur les chevaux en France et l’utilisation de substances acaricides dans le milieu extérieur pose des problèmes de pollution de l’environnement. Demandez conseil à votre vétérinaire pour savoir quels produits utiliser en toute sécurité.

Deux mesures efficaces pour la prévention : ôter avec un crochet adapté toutes les tiques vues sur le cheval (l’inoculation du germe ne se produit que plusieurs heures après la piqûre) et utiliser du matériel d’injection à usage unique.