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Les affections articulaires (1) : les anomalies de développement

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Les affections articulaires (1) : les anomalies de développement

        

Les articulations sont des structures complexes, adaptées à la masse et à la motricité du cheval. On distingue globalement 4 grands types de pathologies pouvant atteindre les articulations. Les anomalies de développement seront évoquées dans cette première fiche pratique. Elles affectent le jeune cheval pendant sa croissance. D’autres fiches concerneront les affections traumatiques, les affections inflammatoires et les affections dégénératives.

L’articulation, une structure complexe très vulnérable

Anatomiquement, les articulations sont des structures complexes (cf. schéma), constituées par :

  • Au moins deux os dont les surfaces articulaires sont recouvertes d’une fine couche de cartilage. Ce cartilage doit être à la fois rigide et déformable, pour assurer une répartition équilibrée des forces qui s’exercent sur l’articulation.
  • La capsule fibreuse articulaire, tapissée à l’intérieur par la membrane synoviale qui sécrète la synovie ou liquide synovial dont le rôle est de lubrifier l’articulation.
  • La capsule, parcourue de structures fibreuses de collagène inextensible, les ligaments, qui peuvent être intra- ou extra-articulaires.

La principale anomalie de développement des articulations est l’ostéochondrose

L’ostéochondrose est un défaut d’ossification du contour osseux dans les articulations. Elle se manifeste sous différentes formes : l’ostéochondrose disséquante (O.C.D.) et les kystes osseux sous-chondraux.

  • Dans l’O.C.D., la vitesse d’accroissement du cartilage dépasse la vitesse de minéralisation  et entraîne un épaississement exagéré du cartilage. La partie profonde du cartilage n’étant plus nourrie par les vaisseaux sanguins, elle se nécrose. Un fragment de cartilage articulaire peut alors se séparer de l’os (formation d’une « souris articulaire »). Cette affection atteint presque exclusivement le jeune cheval (moins de 1 an). Elle est rencontrée préférentiellement au grasset et au jarret, mais aussi au boulet ou à l’épaule. En cas d’inflammation de l’articulation suite à la présence d’une lésion d’O.C.D., on parle d’ostéochondrite disséquante.
  • Les kystes osseux se présentent comme des bulles de déminéralisation à l’intérieur de l’os. Ils peuvent se rencontrer sur toutes les articulations (grasset, coude, articulations inter-phalangiennes…).

L’ostéochondrose se révèle souvent au moment de la mise au travail du jeune cheval, vers l’âge d’un an. Jusque-là, le défaut de locomotion était plutôt discret et intermittent (difficulté au lever, léger gonflement de l’articulation atteinte…). Les modifications de structure de l’articulation et la présence d’une éventuelle souris articulaire flottant dans la synovie provoquent des boiteries aiguës, fugaces, indépendantes de l’exercice, généralement accompagnées d’une distension des culs-de-sac articulaires ; ce sont les « tares molles », molettes et vessigons. Les articulations les plus sollicitées dégénèrent progressivement (installation d’une arthrose). Quelquefois, les lésions d’O.C.D. sont bien supportées en apparence, mais entraînent des myosites (inflammation du muscle), des tendinites ou des dorsalgies. Les causes de l’ostéochondrose sont encore assez mal connues ; l’hérédité et l’alimentation (apports énergétique et calcique excessifs) jouent probablement un rôle. L’exercice interviendrait également, un défaut étant alors aussi néfaste qu’un excès.

Le diagnostic de l’ostéochondrose repose sur l’imagerie

Le diagnostic d’ostéochondrose est généralement confirmé par une radiographie, même si dans certains cas une arthroscopie est nécessaire. L'arthroscopie permet une visualisation directe des modifications du cartilage. On parle alors d’arthroscopie « diagnostique » ou « exploratrice ». Elle peut également être le premier élément du traitement, on parle alors d’arthroscopie « curative ».

Le traitement est essentiellement chirurgical

Le but du traitement est de permettre un retour rapide de l’articulation à un état « normal », non seulement pour soulager le cheval et autoriser éventuellement sa remise à l’entraînement, mais surtout pour éviter une aggravation de la dégradation des surfaces articulaires.

Si les ostéochondroses ne sont pas dissécantes (pas de souris articulaire), le traitement peut être conservateur : repos, alimentation équilibrée (corrections des déséquilibres minéraux), exercice contrôlé, anti-inflammatoires…

Le traitement des ostéochondroses dissécantes repose sur un débridement chirurgical arthroscopique réalisé entre 18 et 24 mois :

  • Le curetage chirurgical de l’os et du cartilage vise à enlever une portion de cartilage abîmé et à favoriser la formation d’un néocartilage. Cette technique est indiquée sur des lésions faiblement étendues d’O.C.D. et sur des chevaux de plus de 2 ans. La convalescence est d’environ 4 mois.
  • Le lavage (ou drainage) articulaire a pour but d’éliminer les fragments cartilagineux de l’articulation. Il se réalise en passant 3 litres de solution stérile dans l’articulation, parfois sous anesthésie locale mais généralement sous anesthésie générale, dans des conditions d’asepsie chirurgicale.

L’arthrodèse consiste à souder les différents éléments d’une articulation douloureuse trop délabrée pour guérir. Cela se pratique par vissage des différents éléments de l’articulation et immobilisation sous plâtre. Cela n’est possible que sur des articulations peu mobiles et supportant de fortes charges (jarret ou paturon). La convalescence dure plusieurs mois. De nouvelles techniques chirurgicales sont également en étude ; elles consistent, lorsque les lésions cartilagineuses articulaires sont très importantes, à greffer des morceaux de cartilage (prélevés sur le sternum) afin de recréer une nouvelle surface articulaire fonctionnelle. Les résultats sont en cours d’évaluation.

Le pronostic est variable

Le pronostic des ostéochondroses est variable : une érosion importante des surfaces articulaires, causée par le frottement d’une souris, diminue les chances de guérison même en supprimant la cause.

La meilleure prévention pour lutter contre les anomalies de développement articulaire chez le jeune cheval reste un exercice régulier et modéré : pâture plutôt qu’une alternance exercice violent / box. L’alimentation sera adaptée, qualitativement et quantitativement, à la croissance et au travail demandé. On veillera particulièrement à lutter contre l’embonpoint qui fatigue inutilement les articulations. Enfin, même si la composante héréditaire n’est pas clairement établie, on évitera de faire reproduire des chevaux ayant présenté des anomalies de développement ou dont la descendance en présente.

D’autres anomalies de développement peuvent affecter les jeunes chevaux : déformations angulaires des membres et déformations en flexion (os longs), contractures et hyperlaxité (tendons)...

Ostéochondrose dissécante ou fracture du cartilage ?

Le diagnostic différentiel entre ces deux affections est quelquefois assez difficile à établir, puisque dans les deux cas il en résulte une ou des « souris articulaires ». Quelques éléments permettent de conclure :

  • les fractures font généralement suite à une chute ou à un effort violent ;
  • la boiterie est quasi-systématique lors de fracture et intermittente en cas d’O.C.D. ;
  • la radiographie met en évidence une encoche radiotransparente superficielle dans le cas de l’O.C.D., alors qu’un trait de fracture est généralement plus profond ;
  • l’O.C.D. atteint principalement les très jeunes adultes.