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Les affections articulaires (3) : les affections inflammatoires

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Les affections articulaires (3) : les affections inflammatoires

        

Les articulations sont des assemblages déformables et mobiles permettant des mouvements de plus ou moins grande amplitude. Elles sont, de par leur structure, particulièrement vulnérables. Cette troisième fiche pratique aborde les arthrites, terme générique qui regroupe toutes les affections inflammatoires aiguës ou chroniques touchant les articulations.

L’articulation, une structure complexe très vulnérable

Anatomiquement, les articulations sont des structures complexes (cf. schéma), constituées par :

  • Au moins deux os dont les surfaces articulaires sont recouvertes d’une fine couche de cartilage. Ce cartilage doit être à la fois rigide et déformable, pour assurer une répartition équilibrée des forces qui s’exercent sur l’articulation.
  • La capsule fibreuse articulaire, tapissée à l’intérieur par la membrane synoviale qui sécrète la synovie ou liquide synovial dont le rôle est de lubrifier l’articulation.
  • La capsule, parcourue de structures fibreuses de collagène inextensible, les ligaments, qui peuvent être intra- ou extra-articulaires.

Symptomatologie des arthrites

L’arthrite porte sur un ou plusieurs éléments de l’articulation : abouts osseux, cartilages, capsule et/ou ligaments. L’arthrite « primaire » est une affection de l’articulation elle-même, l’arthrite « secondaire » est la conséquence d’un trouble métabolique, d’une infection ou d’un vice de conformation source de traumatismes pour l’articulation.

On distingue classiquement 4 types d’arthrite selon le processus mis en cause :

  • L’arthrite séreuse est souvent la conséquence d’un traumatisme, d’où son autre nom d’arthrite traumatique. Elle se caractérise par une inflammation de la membrane synoviale et une sécrétion accrue de synovie, créant une augmentation de pression dans la capsule. Elle s’accompagne éventuellement d’une distension des ligaments voisins. Lorsque l’arthrite est due à un vice de conformation, elle peut rester séreuse, bien que chronique, le cheval atteint ne présente alors pas ou peu de signes cliniques. Mais l’arthrite séreuse peut aussi évoluer en arthrose ou se compliquer d’une infection.
  • L’arthrite infectieuse (ou suppurative ou pyogène) est la conséquence d’une plaie affectant directement l’articulation (ponction ou injection intra-articulaire réalisées dans des conditions non stériles, plaie au regard d’une articulation, accident de maréchalerie…), d’une infection locale apportée par la circulation sanguine (comme par exemple l’infection ombilicale du nouveau-né qui s’étend à une ou plusieurs articulations), ou de l’extension de l’infection d’un tissu voisin. Elle se caractérise par une distension de la synoviale (par du pus ou par la synovie infectée), une articulation chaude et douloureuse, une boiterie aiguë. L’augmentation de température et le caractère suppuratif ne sont pas systématiques et dépendent du germe en cause. L’arthrite infectieuse peut se limiter à une synovite (inflammation de la synovie) modérée ou au contraire provoquer en quelques heures une destruction massive de la substance osseuse et du cartilage articulaire. Même si l’infection est rapidement jugulée, les articulations atteintes sont prédisposées aux arthroses et/ou à des récidives. Si l’infection n’est pas traitée, l’arthrite infectieuse évolue en arthrite ankylosante.
  • L’arthrite ankylosante (ou adhésive) est la conséquence d’une ostéoarthrite grave, d’une arthrite infectieuse, d’une plaie importante ou d’une fracture de l’articulation. Elle se caractérise par une perte de mobilité de l’articulation, liée à diverses modifications du cartilage, des surfaces articulaires ou de la substance osseuse sous-jacente.
  • L’arthrite d’origine métabolique est essentiellement une conséquence du rachitisme (carence alimentaire en calcium et en phosphore) qui déforme les os longs et entraîne une tension au niveau des articulations. Elle se manifeste chez le cheval entre 6 mois et 1 an.

Diagnostic des affections articulaires inflammatoires

Les arthrites se caractérisent cliniquement par une boiterie plus ou moins marquée, une douleur, une enflure, parfois de la chaleur et une rougeur au niveau de l’articulation, et éventuellement des répercussions sur l’état général.

Trois examens complémentaires sont principalement utilisés :

  • L'analyse du liquide synovial (cf. encadré).
  • L'arthroscopie permet une évaluation directe des modifications du cartilage et de la membrane synoviale, et la réalisation de lavages articulaires.
  • La thermographie est une technique qui consiste à mesurer, à l’aide d’une caméra thermosensible, la température de la surface cutanée. Elle permet de détecter de façon précoce une lésion inflammatoire des membres.

Traitement des arthrites

Le traitement des arthrites est souvent une urgence. Selon les cas, le traitement sera conservateur, médical (général ou local) et/ou chirurgical.

Traitement conservateur

La mise au repos est indispensable. Dans la phase aiguë des synovites ou des capsulites, les douches froides ou la cryothérapie hyperbare sont indiquées.

Traitement médical général

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (phénylbutazone par voie générale) sont très efficaces sur les inflammations de la membrane synoviale et de la capsule articulaire, à condition que toutes les structures articulaires soient intactes et que l’articulation soit stable. En revanche, ils diminuent la vitesse de cicatrisation des structures articulaires. De plus, en soulageant de façon spectaculaire la boiterie, ils incitent à une reprise du travail trop précoce, avant que les lésions en soient cicatrisées. L’acide hyaluronique est utilisable par voie intraveineuse ou orale. Présent en faible quantité dans le cartilage normal, il est considéré comme le principal lubrifiant des tissus mous de l’articulation. Il a une action anti-inflammatoire et anti-adhésive par destruction des adhésions existantes. Il sert également à stabiliser l’environnement synovial : il stimule la formation de liquide synovial normal, diminue l’inflammation dans les tissus synoviaux et restaure une viscosité normale à la synovie. En cas d’arthrite septique, une antibiothérapie par voie générale doit être instaurée rapidement, avant les résultats des mises en culture, car les lésions cartilagineuses s’installent très vite, et poursuivie pendant 2 à 3 semaines.

Traitement médical externe par voie cutanée

Ces thérapeutiques ont une action directe sur les tissus mous péri-articulaires (membrane synoviale ou capsule). En application externe, le DMSO (diméthylsulfoxyde) a une action anti-radicaux libres, anti-inflammatoire et analgésique ; il est particulièrement indiqué en cas d’inflammation de la membrane synoviale et/ou de la capsule articulaire. L’application de ce produit doit se faire avec des gants. Une heure après cette application, un emplâtre anti-phlogistique est mis en place et maintenu sous bandage pendant 24 heures. Il peut rester 8 jours à condition que la peau soit saine, sans dermite. Le cheval, durant ces traitements, pratiquera un exercice réduit à normal en fonction de l’état de l’articulation.

Traitement intra-articulaire

Le lavage (ou drainage) articulaire a pour but d’éliminer les éléments enzymatiques et protéiques et les fragments cartilagineux de l’articulation. Il est indispensable en cas d’arthrite septique. Il se réalise en passant 3 litres de solution stérile dans l’articulation, généralement sous anesthésie générale, dans des conditions d’asepsie chirurgicale. Les injections intra-articulaires (ou « infiltrations ») se réalisent dans les mêmes conditions de stérilité chirurgicale, après un bilan clinique et radiologique complet de l’articulation. Les molécules les plus utilisées sont les corticostéroïdes et/ou l’acide hyaluronique. Ces substances améliorent les qualités mécaniques de la synovie et ont un effet anti-inflammatoire. Elles sont principalement utilisées en cas de synovite ou de capsulite, mais leurs effets sont relativement brefs. Dans tous les cas, après une injection intra-articulaire, le cheval doit être promené au pas pendant les 3-5 jours qui suivent et ne pas courir avant 10-15 jours. La réalisation d’une injection intra-articulaire est un acte délicat et comportant des risques : une bactérie introduite dans l’articulation peut entraîner sa destruction rapide et totale. Lorsque c’est possible, il est préférable de recourir aux injections intra-veineuse ou intra-musculaire, avec des résultats similaires.

Traitement chirurgical

La synovectomie est une intervention qui vise à enlever la synoviale pathologique. C’est un acte difficile à réaliser et l’intervention n’est souvent que partielle.

Le pronostic est variable

Le pronostic est favorable pour les arthrites séreuses si aucune altération osseuse n’est apparue ; il est défavorable dans le cas contraire ou si l’affection est passée à l’état chronique. Le pronostic de l’arthrite infectieuse est toujours réservé : les altérations de l’os et du cartilage peuvent être irrémédiables dans les 8 heures qui suivent le début de l’infection. Au mieux, le cheval restera boiteux ; il ne surmontera les conséquences de l’accident que si l’infection de l’articulation est jugulée dans les quelques heures consécutives à la plaie qui a endommagé l’articulation. Le pronostic de l’arthrite ankylosante est presque toujours défavorable.

La meilleure prévention pour lutter contre les affections articulaires inflammatoires reste une bonne préparation de l’effort (entraînement spécifique, progressif et raisonné), sur des terrains de bonne qualité (souples, réguliers et peu profonds). Tout effort doit être précédé d’un échauffement. L’alimentation doit être adaptée, qualitativement et quantitativement, au travail demandé. On veillera particulièrement à lutter contre l’embonpoint, voire l’obésité, qui affecte de nombreux chevaux et fatigue inutilement les articulations. Enfin, toutes les infections doivent être traitées dans les meilleurs délais et les plaies soigneusement désinfectées.

L’analyse du liquide synovial

  • L’apparence : un liquide synovial normal est jaune pâle, clair, sans aucun débris. Des filets de sang traduisent une hémorragie faisant suite à la ponction articulaire. Une hémorragie diffuse est représentative d’un traumatisme aigu, alors qu’une coloration jaune foncé ou ambre pâle traduit une hémorragie ancienne (souvent en relation avec une atteinte articulaire chronique). La synovite se caractérise par un liquide synovial opaque et floculé. En cas de synovites intenses associées aux arthrites septiques, le liquide est séro-fibrineux, voire fibrino-purulent et souvent teinté de sang.
  • Le volume augmente dans la plupart des cas de synovites ; il diminue dans certaines affections dégénératives chroniques.
  • La formation d’un coagulum : le liquide synovial normal ne coagule pas. Il coagule en cas de pathologie inflammatoire, la taille des caillots étant proportionnelle au  degré de synovite.
  • La concentration en protéines se lit au réfractomètre. La concentration normale est inférieure ou égale à 2 g/dl. En cas d’inflammation articulaire, la concentration augmente. Elle peut dépasser 4 g/dl en cas d’arthrite infectieuse.
  • La viscosité s’apprécie précisément à l’aide d’un viscosimètre. Elle peut être plus grossièrement évaluée en observant l’écoulement du liquide à partir de la seringue de prélèvement. La viscosité diminue en cas d’inflammation.
  • L’examen cytologique permet d’effectuer un comptage cellulaire global et un comptage des globules blancs. Une articulation normale compte moins de 200 cellules/ml.
  • La recherche de débris cartilagineux et l’identification du type de chondrocytes (cellules du cartilage) permettent de préciser la profondeur des lésions.