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LE pyomètre chez la chienne

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LE pyomètre chez la chienne        

 

Un pyomètre est une accumulation de pus dans la lumière de l'utérus. La quantité de pus peut parfois atteindre plusieurs litres : alors que des cornes utérines normales mesurent 1 à 2 cm de large et 9 à 10 cm de long, elles peuvent se dilater jusqu'à mesurer entre 5 et 10 cm de diamètre selon la taille de la chienne. Cette affection est plus particulièrement fréquente chez les chiennes âgées en moyenne de 9 ans. Elle apparaît entre 4 semaines et 4 mois après la fin des chaleurs. Elle touche plus de la moitié des chiennes non stérilisées.

Epidémiologie

Le pyomètre apparaît chez la chienne adulte non stérilisée. Les chiennes n'ayant jamais eu de petits seraient davantage sujettes à cette affection. Certaines races sont particulièrement sensibles : Golden Retriever, Schnauzer nain, Irish terrier, Saint Bernard, Airedale, Cavalier King Charles, Colley, Bouvier Bernois. Elle peut survenir cependant dans n'importe quelle race.

Facteurs favorisants

Au niveau anatomique, la taille et la longueur de l'utérus influent sur la vidange naturelle de l'organe en fin de chaleur. Plus celui-ci est long plus la vidange sera incomplète.

Au niveau hormonal, après les chaleurs, la chienne présente une imprégnation de progestérone très importante qui augmente la sécrétion de mucus au niveau de l'utérus et crée ainsi un milieu propice à la prolifération des bactéries. De plus, les défenses immunitaires niveau de l’utérus étant maximales pendant les chaleurs, elles diminuent en période de repos sexuel, c'est-à-dire deux mois après la fin des chaleurs. Pendant les chaleurs, le col de l'utérus est ouvert, ce qui permet le passage des germes depuis le vagin vers le corps de l’utérus. Celui-ci est alors particulièrement vulnérable par rapport aux infections bactériennes.

Les traitements médicamenteux à base d'hormones peuvent influencer sur l'apparition du pyomètre. En effet, l'utilisation d'hormones pour des avortements, pour lutter contre une lactation de pseudogestation, pour stopper les chaleurs, sont des facteurs favorisant à l'apparition de pyomètre. Il a été montré que 12 % des pyomètres étaient liés à l'utilisation de progestagènes en début des chaleurs (« pilule pour couper les chaleurs »).

Mécanisme d'apparition du pyomètre

Le mécanisme exact d'apparition du pyomètre est encore mal connu, cependant, son origine multifactorielle est établie. Il a été montré que l'imprégnation de progestérone pendant 60 à 100 jours après les chaleurs augmentait les sécrétions utérines de mucus, créant un milieu favorable à la multiplication bactérienne.

D'autre part, les chaleurs sont un moment propice à la remontée de bactéries depuis le vagin vers l'utérus. Le pyomètre est donc le résultat d'une association entre un milieu propice et des infections ascendantes.

Manifestations cliniques

Les manifestations cliniques du pyomètre peuvent être très peu spécifiques ou au contraire très évocatrices, selon que le col de l'utérus est ouvert ou fermé. Si le col est ouvert, on remarque des écoulements vulvaires purulents, voire teintés de sang. L'animal est généralement léthargique, abattu et anorexique. On peut remarquer une augmentation de la prise de boisson et des vomissements. Ces symptômes peuvent être associés à de la diarrhée, une distension abdominale et une faible hyperthermie.

Si le col de l'utérus est fermé, les symptômes seront beaucoup plus frustres. La chienne présente alors seulement un abattement et une anorexie.

Diagnostic

Le vétérinaire établit le diagnostic de pyomètre selon les considérations épidémiologiques et cliniques. Un frottis vaginal peut mettre en évidence les cellules de l'inflammation et les bactéries.

Le diagnostic peut être confirmé par une imagerie médicale. La radiographie, accessible dans la plupart des cliniques vétérinaires, peut montrer une modification de la taille et de l'opacité de l'appareil génital. Cependant, dans certains cas les modifications ne sont pas visibles. L'échographie est l'examen complémentaire de choix, il n'est cependant pas disponible dans toutes les cliniques vétérinaires. Il permet directement la visualisation de l'utérus rempli de pus et permet de faire la différence avec d'autres affections de l'utérus (hyperplasie glandulokystique par exemple).

D'autres examens sont nécessaires pour le diagnostic et le dépistage des complications éventuelles. La numération formule sanguine met en évidence une augmentation des globules blancs, de façon très importante si le col de l’utérus est fermé. La biochimie sanguine met en évidence une éventuelle atteinte rénale et/ou hépatique.

Complications

Les complications du pyomètre sont liées à l'ensemble des modifications de fonctionnement de l’organisme secondaire à la généralisation de l'inflammation. Ils sont mis en évidence par la fréquence cardiaque, la fréquence respiratoire, la température, et la numération formule sanguine. Si ces modifications dépassent un certain stade, l'animal présente une défaillance des organes appelée « syndrome de défaillance multiviscérale ». Au delà de ce stade encore, on passe au stade « d'état de choc septique » avec une hypoxie tissulaire, une acidose métabolique au cours desquelles les reins, le foie, la moelle osseuse et le coeur sont les cibles de l'infection (sepsis).

Les complications du pyomètre aggravent considérablement le tableau clinique. Elles sont à dépister avant toute intervention thérapeutique car elles modifient le déroulement de la prise en charge de l'animal.

Il faut tout d'abord veiller à l'équilibre acido-basique et électrolytique de l'animal. L'atteinte rénale est le fait d’une diminution de la perfusion de l’organe liée à la déshydratation et à l'infection. Elle est aussi le résultat dans certains cas d'une atteinte directe du rein par un phénomène immunologique. Enfin, les endotoxines bactériennes sont directement toxiques pour le rein.

Une atteinte hépatique peut être mise en évidence, résultat de la toxicité de l'infection.

Le pyomètre peut également être à l'origine de troubles de la coagulation, à l'origine d'hémorragie, de destruction des globules rouges, ou de thrombose.

L'inflammation chronique créée par le pyomètre provoque un déficit de fonctionnement de la moelle osseuse à l'origine d'une anémie potentielle.

Enfin, les toxines bactériennes et l'acidose sont à l'origine d'une atteinte cardiaque manifestée par une arythmie.

Pronostic

Le pronostic du pyomètre est très variable, de bon à réservé. Il dépend de l'ouverture ou de la fermeture du col de l'utérus ainsi que des complications dépistées.

Traitement

La conduite thérapeutique dépend de l'état clinique de l'animal et de la présence des complications.

La prise en charge des complications est une priorité : elle nécessite souvent la mise en place d'une perfusion intraveineuse et d'une antibiothérapie.

Le retrait du matériel purulent peut se faire chirurgicalement ou médicalement. Le choix thérapeutique dépend encore de l'état de santé de la chienne et de la présence ou non de complications. La chirurgie est une technique sûre et efficace pour traiter le pyomètre ; l'anesthésie représente le plus gros inconvénient selon l'état clinique de l'animal. Elle consiste en le retrait des deux ovaires et de l'utérus infecté. C'est le seul traitement envisageable lors de péritonite avec rupture de l'utérus, une fois que les complications ont été prises en charge.

Un traitement médical peut vous être proposé. Il repose sur plusieurs administrations d'une ou plusieurs molécules visant à vidanger l'utérus. De nombreux contrôles échographiques sont nécessaires. L'efficacité des techniques médicales est variable et les récidives peuvent être fréquentes (13 à 19 % entre 12 et 24 mois). Le coût du protocole médical, entre le prix des médicaments et celui des contrôles échographiques peut-être élevé. Ce traitement peut être proposé lorsque la chienne présente un bon état général, sans trouble du cycle sexuel, en l'absence de kyste aux ovaires et pour une chienne destinée à la reproduction.

Le pyomètre de la chienne est donc une urgence médicale dans la mesure où le pronostic vital est engagé à plus ou moins court terme. Le choix thérapeutique définitif (médical ou chirurgical) doit être établi au cas par cas en fonction des données épidémiologiques et cliniques de la chienne, ainsi que des considérations financières. Le coût moyen du traitement d'un pyomètre chez la chienne varie, en fonction du poids de l'animal et des techniques utilisées, de 300 à 600 €.